BENIN

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samedi 30 novembre 2013

La ville de Cotonou


COTONOU
Bien qu'elle n'en soit pas la capitale officielle (qui est Porto-Novo, établie par la Constitution et siège du pouvoir législatif), Cotonou est la première ville du Bénin, avec une population de 761 137 habitants en 2006. Elle s'étend sur des terrains qui avaient été cédés à la France par le souverain de Porto-Novo en 1868. Son essor est lié à celui des activités portuaires : au wharf construit en 1891 et devenu très insuffisant a succédé un port moderne établi de 1959 à 1965.
La ville a grandi sur le large cordon littoral derrière lequel s'est formé le lac Nokoué, qu'alimente un bras de l'Ouémé, et qui communique avec l'océan par un chenal coupant l'agglomération en deux parties. À l'ouest, le quartier commercial et administratif s'allonge en bordure de l'Atlantique : zone ancienne où survit le style colonial classique, lotissements résidentiels plus modernes où s'élèvent des villas entourées de verdure, très bel ensemble des « Cocotiers » près de l'aéroport. Entre ces quartiers et le lac s'étale la ville « africaine », bâtie selon un plan en grille presque parfait. À l'est de la passe, franchie par un pont mixte étroit, la route et la voie ferrée de Porto-Novo séparent une zone industrielle et un quartier résidentiel traditionnel, Akpakpa, dont la croissance est rapide.
De vastes franges urbaines se sont constituées autour des villages de la banlieue, par occupation sans titre de terrains, en dépit des avertissements officiels et des menaces permanentes d'expulsion. Le paysage se ressent de cette précarité : sous le couvert d'une dense végétation arborée où dominent les cocotiers s'entassent des cases en matériau végétal d'aspect assez pauvre, entourées de palissades fragiles, et l'équipement urbain y reste encore très sommaire.
Les fonctions administratives majeures, naguère concentrées à Porto-Novo, sont presque entièrement exercées par Cotonou, où résident le président et la plupart des ministres, et où se sont installées aussi les ambassades. Une université a été fondée en 1970 (Abomey-Calavi, à 15 km). Les activités de type primaire jouent encore un rôle important : pêche artisanale sur le lac Nokoué surtout, pêche industrielle en mer par une petite flottille de chalutiers, culture du maïs, du manioc et élevage de bovins sous les palmiers dans la banlieue immédiate. Cotonou abrite les deux tiers des industries du pays. Des maisons de commerce anciennes assurent l'importation des produits finis et l'expédition des denrées agricoles venant de l'intérieur du pays (oléagineux surtout), mais aussi du Niger, dont une partie des échanges passe, grâce à la route et à la voie ferrée exploitée en commun, par le port. Cotonou est aussi un centre de redistribution pour une zone qui dépasse largement les frontières : le marché de Dantokpa est fréquenté par des commerçants béninois, mais aussi nigérians, togolais et même ivoiriens.

jeudi 21 novembre 2013

Ouidah 92



Ouidah est connue pour le rôle principal qu'elle a joué dans la traite des esclaves au cours des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, où presque un million de personnes a été embarqué sur des navires et, depuis la plage de Ouidah, transporté à travers l'Atlantique. À l'origine, pourtant, Ouidah (autrefois Gléwé) n'était qu'un petit village dans un petit royaume de Xwéda, qui parvenait à subvenir aux besoins de ses habitants grâce à l'agriculture, la chasse et la pêche dans les lagunes côtières – loin des dangers de la mer et des marées.
La première rencontre entre Ouidah et les Européens eut lieu au cours du XVIe siècle. Même si la traite des esclaves le long de la Baie du Bénin  débuta aussitôt après, ce n'est qu'à la fin du XVIIe siècle que les marchands européens commencèrent à acheter des esclaves au royaume de Xwéda à large echelle, en établissant des forts et des comptoires dans la ville de Gléwé. Ce commerce assurait la prospérité au royaume jusqu'au moment de son invasion militaire, en 1727, par le royaume du Dahomey : ses citoyens furent tués, capturés et dispersés et le commerce avec les Européens passa aux main des Dahoméens.
La ville de Ouidah resta sous le contrôle des Dahoméens jusqu'à la colonisation de ces dernier par la France. La traite des esclaves fut extrêmement intense : vers le milieu du XVIIIe siècle la population de Ouidah atteignait le nombre de 10 000 habitants alors que l'économie était à son apogée. L'année 1818 a vu l'installation de Francisco Félix de Souza, connu par les Dahoméens sous le nom de Chacha, à la tête, au nom du royaume, de l'entreprise négrière. Ses descendants conservent jusqu' aujourd'hui une position importante dans la société de Ouidah.
Dans la mesure où les gouvernements européens dénonçaient la traite des esclaves comme brutale et injustifiable, le commerce négrier à travers l'Atlantique entrait dans son déclin. À la fin du XIXe siècle la ville de Ouidah commença à concentrer son activité économique sur l'exportation, beaucoup moins lucrative, de l'huile de palme. Alors même que le commerce négrier était bien à son déclin, commençait la répatriation de descendants des esclaves exportés vers le Nouveau Monde. Ils constituaient, pour la plupart, une troisième génération des réduits à l'esclavage au Brézil. De retour au Bénin (et particulièrement à Ouidah), ils apportèrent beaucoup de leurs coutumes et traditions. Aujourd'hui encore, plusieurs examples de l'architecture afro-brézilienne témoignent de cette période-là.
Le royaume du Dahomey (y compris Ouidah) fut colonisé par les Français en 1902 ; en 1962, pourtant, il obtint l'indépendance
Ouidah est le centre le plus important de la religion vaudou au Bénin et, probablement, dans le monde. En 1992, la ville accueillit le premier festival mondial consacré à l'art et à la culture du Vaudou. Par ailleurs, le jour du festival annuel du Vaudou à Ouidah, le 10 janvier, a été déclaré fête nationale.

mardi 15 octobre 2013

L'histoire de Cotonou



Cotonou ou ‘’la Lagune de la mort’’

Situé sur le Golfe de Guinée, Cotonou s’étend entre le cordon littoral de l’Atlantique et le lac NOKOUE.
Cotonou c’est-à-dire KUTONU - "la lagune de la mort"- tient son appellation, à l’origine, de la couleur rougeâtre des arbres qui bordaient le NOKOUE et qui laissaient penser à du sang, selon la croyance, celui des âmes des morts qui descendraient du fleuve OUEME, situé plus à l’Est, pour se jeter dans la mer Atlantique.
Créée sur l’initiative du roi Ghézo d’Abomey en 1830 pour des besoins liés essentiellement à la traite négrière pour laquelle, KUTONU devenu Cotonou servait de point de transit et d’embarquement. Porte océane du Bénin ex Dahomey dont elle est la première ville, l’origine de Cotonou, liée à l’emprise des rois d’Abomey sur le littoral Atlantique depuis le XVIIIème siècle, se trouve ancrée dans le plein champ de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation. (En savoir plus, Ainsi naquit une ville)
A la fin du 19 siècle, Cotonou s’est développée à partir de quelques villages de pêcheurs situés à l’Est et à l’Ouest de la lagune. En 1888, le territoire de la ville a été cédé à la France par le roi d’Abomey, ce qui eut pour effet l’accélération du processus de son développement.
Bâtie au-dessous du niveau de la mer sur un terrain sablonneux et marécageux, cause de l’inondation dont la ville est sujette en saison de grande pluie, le plan architectural de la ville de Cotonou est typique de l’urbanisation africaine peu européanisée.
Ville cosmopolite, Cotonou réunit toutes les ethnies du pays.
A partir du noyau originel Toffin, peuple lacustre, la cité s’est progressivement enrichie de toutes les ethnies du Bénin. Certains quartiers en portent la marque.
Dans cette dynamique, le quartier de ville ‘’Guinkomey’’ signifie ‘’sur la terre des populations Guin’’, des peuples venues de Grand Popo et d’Agoué pour participer naguère à la construction du Wharf de Cotonou. De même ‘’Xwlacodji’’ désigne la zone de prédilection des peuples Xwla venus également de l’Ouest du pays pour exercer sur le littoral, des activités liées à la pêche. (En savoir plus, Un quartier, une histoire, PDC).
Aujourd’hui, Cotonou est devenue une représentation du Bénin en miniature et sa croissance accélérée est entrain de donner naissance à une vaste « région urbaine » allant de Porto- Novo (à l’Est) jusqu’à Ouidah (à l’Ouest) et Abomey-Calavi(au Nord).
COTONOU AUJOURD’HUI : ‘’Vivre l’Excellence dans la Solidarité’’
La Ville-Département Cotonou a connu un développement important. Tant du point de vue architectural, économique que démographique.
Aujourd’hui, principal centre économique du Bénin, elle en est également le centre politique et administratif.
Suite à la réforme administrative et territoriale dont l’aboutissement a été l’élection communale et municipale organisée en 2002, la ville de Cotonou dispose d’une administration locale décentralisée depuis 2003 et nourrit plus que jamais l’ambition d’être l’une des villes phares de l’Afrique de l’Ouest.
Malgré sa petite superficie, 75 Km², n’est-elle pas l’unique ville du Bénin dont le périmètre correspond à une circonscription territoriale, le département du Littoral, preuve s’il en fallait de son importance ?
Commune régit par un statut administratif particulier, la ville de Cotonou compte 13 arrondissements qui regroupent 145 quartiers de ville dont les principales sont :
Placodji, Sikècodji,Gbédokpo, Gbéto, Ayélawadjé, Missessin, Sègbèya, Sodjèatinmè, Yénawa, Sènadé, Avrotou, Dantokpa, Aïdjedo, Ahouansori, Saint-Michel, Dagbédji, Sainte Rita, Kouhounou, Fifadji, Cadjèhoun, Djomèhountin, Gbégamey, Houénoussou, Vodjà, Dandji…
Malgré les limites que lui imposent les marécages et les lagunes, en dépit des problèmes d’inondation, l’avenir de Cotonou s’annonce très prometteuse avec les grands projets de développement initiés par la municipalité actuelle.
La nécessité d’apporter des solutions durables aux problèmes d’inondations n’a, en effet, d’égal que la motivation du Maire de la ville et des pouvoirs publics à oeuvrer pour la réalisation de projets de construction de grands collecteurs, de pavage et d’assainissement des voies urbaines.
De nouveaux quartiers érigés à l’Est et à l’Ouest offrent la possibilité d’un urbanisme qui s’inscrit dans le développement durable et visant à faire de Cotonou, une communauté urbaine moderne.
Le prodigieux développement de la ville ces dernières années étonne.
Source:http://www.mairiedecotonou.com

mardi 1 octobre 2013

Kétou le pays des Gelede



Gelede est une société secrète qui se rattache aux Yoruba et qui est active principalement dans la région de Kétou, de Savè et de Covè ainsi qu'au Nigéria. Sa pratique diffère un peu selon les lieux, elle dirigée par des femmes. Ses adeptes pratiquent une mascarade rituelle organisée lors d'une fête annuelle qui se déroule plutôt à la fin des récoltes, à partir du mois d'octobre. Le Gelede est un rite des cultures et de la fécondité, c'est bien pour cette raison qu'il est dirigé par des femmes. Le but de la fête est d'honorer et d'apaiser les femmes âgées, désignées sous le terme " awon ira wa " ( " nos mères" ), censées disposer de puissants pouvoirs spirituels, afin d'obtenir protection contre la maladie ou la mort, assurer l'épanouissement, la richesse et la fécondité.

samedi 28 septembre 2013

Brève histoire du Dahomey


LES ROYAUMES DU DAHOMEYCLICK TO HIDE

Les trois royaumes d’Allada, de Porto Novo et de Dã Homè – dans le ventre du roi Dã – furent fondés par les Fons, qui occupent le sud du pays (le nom de Dahomey fut donné à l’ensemble du pays après la conquête française). Selon la légende, la fille du roi de la ville de Tado (sur le fleuve Mono) fut fécondée par un léopard, alors qu’elle allait puiser de l’eau. Le fils qu’elle mit au monde est le fondateur de toute la dynastie. Ses descendants fondèrent un royaume à Allada au XVIe siècle. Le siècle suivant, trois frères se disputèrent le trône ; le premier, Kopkon garda le royaume d’Allada, le deuxième, Do-Aklin fonda Abomey et le troisième, Adjatché qui devint plus tard Porto-Novo. Le royaume d’Abomey fut fondé en 1625, mais c’est entre 1645 et 1685 qu’il devint un état puissant. Le roi Houegbadja, petit fils de Do-Aklin, voulut annexer un état voisin dont le roi, Dã, le défia de s’installer sur son ventre. Dã fut défait, décapité à Abomey et dans son ventre fut installé le pieu central du palais royal. Signe que le roi de Danxomè avait pris son adversaire au mot.
Au XVIIIe siècle, Allada et Ouidah furent annexés. Les européens développèrent des forts sur la côte comme des bases militaires afin d´imposer aux ethnies côtières une menace militaire pour qu’elles leurs fournissent des esclaves. C’est le roi Guézo qui consolida le royaume en attaquant régulièrement les Yorubas au Nigeria, ce qui lui procurait des esclaves. Son successeur, le roi Glélé, irrita cependant les Français par son attitude belliqueuse et son non conformisme. Par le traité de 1863, il autorisa les Français à s’installer à Cotonou. Mais la présence de ceux-ci irritait le roi Gbê han zin (Béhanzin) qui estimait que les Français menaçaient la souveraineté du royaume. Aujourd’hui encore, une statue géante du roi à l’entrée de la ville d’Abomey illustre cette lutte face à l’envahisseur. Gbê han zin fait figure de résistant et jouit d’une haute estime en Afrique Noire. Béhanzin fit donc la guerre aux Francais, mais il ne fut pas le seul des 12 rois à s’être dressé contre l’envahisseur. Le Traité de Ouidah qui plaçait Porto-Novo et Cotonou sous tutelle française fut signé en octobre 1890. Ce même traité prévoyait le versement par la France d’une pension au roi du Dahomey. Le roi Béhanzin et les Danxoméens estimaient Porto-Novo et le roi Toffa 1er comme des traitres à la solde des Francais. Le héros Gbèhanzin fut cependant défait en 1892 par le colonel Alfred-Amédée Dodds et fut déporté aux Antilles. Abomey devint alors un protectorat français. Allada et Porto-Novo, eux aussi sous protectorat, formèrent avec Abomey la colonie du Dahomey.

mercredi 25 septembre 2013

Brève histoire du Bénin



L'histoire du Bénin

Aux origines, la terre de l’actuel Bénin était occupée par plusieurs royaumes. Les plus en vue s’appelaient Danhomé (Abomey), Xogbonou (Porto-Novo), Allada, Nikki, Kouandé, Kandi… Les premiers souverains d’Abomey et de Porto-Novo sont issus de la migration Adja-Fon, venue du Togo voisin (Tado). Les autres peuples proviennent de l’actuel Nigéria, Niger ou Burkina-Faso. Ainsi, le pays était jadis un foyer de civilisations anciennes et brillantes, bâties autour de ces royaumes : des cités-Etats. Ces entités politiques, bien structurées, étaient pourvues de centres urbains fonctionnels. Elles avaient développé un commerce local, basé dès le XVIIe siècle sur la traite des esclaves, puis sur celle du palmier à huile, après l’abolition du commerce négrier, en 1807.
Cette économie de traite a favorisé l’installation, le long de la côte (surnommée « côte des esclaves« ), de comptoirs commerciaux contrôlés par les Anglais, les Danois, les Portugais et quelques Français. En 1704, la France est autorisée à construire un port à Ouidah, tandis qu’en 1752 les portugais découvraient Porto-Novo.
En 1863, le premier protectorat français est établi avec le roi Toffa de Porto-Novo qui recherche de l’aide face aux prétentions du roi d’Abomey et attaques des anglais implantés à Lagos. La même année, Glèlè, roi d’Abomey autorise les Français à s’établir à Cotonou. En 1882, le souverain du royaume de Porto-Novo signe un nouvel accord de protectorat avec la France qui envoie un « résident français » chargé d’assister le roi.
En 1894, les Français, vainqueurs des rois locaux, ont créé la colonie du Dahomey et dépendances. Le territoire prend le nom du royaume le plus prépondérant et le plus résistant à l’occupation étrangère : Danhomé avec son légendaire roi Béhanzin.
Proclamée République le 4 décembre 1958, le Bénin a accédé à la souveraineté internationale le 1er Août 1960, sous le nom Dahomey. Le pays est connu pour « l’exemplarité » de son processus démocratique entamé en février 1990, suite à la Conférence nationale des forces vives de la Nation. Depuis lors, plusieurs élections présidentielles, législatives et locales ont sanctionné la dévolution du pouvoir politique. En quinze ans, le libéralisme politique a généré trois alternances au faîte de l’Etat.
Il a connu véritablement deux vagues de démocratisation, couronnées d’élections dont sont issus les gouvernants. La première remonte à l’aube de l’indépendance avec les élections générales de décembre 1960. Cette période reste marquée par l’inachèvement du mandat du président de la République, balayé par un coup d’Etat militaire en 1963. En outre, la vie politique souffrait du monolithisme, car très rapidement le nouveau président a inspiré la fusion des partis politiques en un seul officiel : le Parti Dahoméen de l’Unité (PDU). La deuxième vague de démocratisation est en cours, depuis février 1990. Sa spécificité est qu’elle s’inscrit dans la durée et permet une stabilité des institutions démocratiques.
Plus globalement, l’histoire politique contemporaine du pays peut être séquencée en trois temps majeurs : le temps de l’instabilité politique, le temps militaro-marxiste et le temps du Renouveau démocratique.
Le temps de l’instabilité politique marqua les douze premières années de l’indépendance. Une série de coups d’Etat se suivaient jusqu’en 1970, valant au pays le nom « d’enfant malade de l’Afrique ». L’acte fondateur de cette instabilité est le putsch du colonel Christophe Soglo qui renversa le 28 octobre 1963 le père de l’indépendance : Hubert Maga, démocratiquement élu.
En effet, avec la nouvelle Constitution adoptée en novembre 1960, les élections générales, tenues le 11 décembre suivant, ont consacré le maintien d’Hubert Maga au pouvoir. Mais profitant des troubles sociaux dans le pays, l’armée prit le pouvoir en 1963. Trois mois après, la gestion du pays est confiée à un gouvernement civil.
Plus globalement, l’histoire politique contemporaine du pays peut être séquencée en trois temps majeurs : le temps de l’instabilité politique, le temps militaro-marxiste et le temps du Renouveau démocratique.
Le temps de l’instabilité politique marqua les douze premières années de l’indépendance. Une série de coups d’Etat se suivaient jusqu’en 1970, valant au pays le nom « d’enfant malade de l’Afrique ». L’acte fondateur de cette instabilité est le putsch du colonel Christophe Soglo qui renversa le 28 octobre 1963 le père de l’indépendance : Hubert Maga, démocratiquement élu.
En effet, avec la nouvelle Constitution adoptée en novembre 1960, les élections générales, tenues le 11 décembre suivant, ont consacré le maintien d’Hubert Maga au pouvoir. Mais profitant des troubles sociaux dans le pays, l’armée prit le pouvoir en 1963. Trois mois après, la gestion du pays est confiée à un gouvernement civil.
Sourou Migan Apithy devenait président de la République et Justin Ahomadégbé son Premier ministre et Vice-président. Une nouvelle Constitution fut adoptée par référendum le 5 janvier 1964. Mais ces deux dirigeants du gouvernement n’arrivaient pas à accorder leurs violons. Le 1er décembre 1965, l’armée les força à démissionner. Pour autant, les civils conservaient le pouvoir. Il échut au président de l’Assemblée nationale, Taïrou Congacou. Peu satisfait de sa gouvernance, Christophe Soglo, devenu général, propulsa à nouveau l’armée au devant de la scène.
Le 22 décembre 1965, il se proclama président de la République, de facto. Il fut renversé à son tour par les jeunes officiers militaires le 17 décembre 1967.
Le Commandant Maurice Kouandété, cerveau du coup d’Etat, confia trois jours après les destinées du pays au chef de l’armée, le lieutenant-colonel Alphonse Alley. En mai 1968, des élections présidentielles sont organisées par les officiers afin de remettre à nouveau le sceptre du Dahomey à une autorité civile. Cependant, les trois leaders politiques traditionnels du pays qu’étaient Hubert Maga, Sourou Migan Apithy et Justin Ahomadégbé ne sont pas autorisés à se présenter. Ils appelaient alors au boycott de ces élections.
En leur absence, un inconnu fut porté par le peuple. Seulement, le candidat élu, le docteur Basile Adjou Moumouni donnait du grain à moudre aux militaires. Fonctionnaire international de l’OMS en poste à Brazzaville, le chef de l’Etat élu n’était pas du sérail politique et ne rassurait pas les militaires. Ces derniers nourrissaient certainement des inquiétudes quant au maintien de leurs privilèges.
Ce faisant, les militaires prétextaient de la faible participation pour annuler le résultat de ces élections. Dans la foulée, face aux pressions, le 17 juillet 1968, ils installèrent un civil de rechange à la présidence : Emile Derlin Zinsou.
Le nouveau chef de l’Etat, ancien élu à l’Assemblée de l’Union française, était en réalité le quatrième ténor politique du pays. Habitué de la vie politique dahoméenne, il faisait le consensus au sein du Comité Militaire Révolutionnaire (CMR).
Les vieux démons habitant toujours l’armée, elle s’invitait  à nouveau sous les feux de la rampe. Le colonel Maurice Kouandété éjecta Emile Zinsou du pouvoir le 12 décembre 1969. Comme à son habitude, il ne dirigea pas le pays. Il en confia la gestion à un autre officier, le lieutenant-colonel Paul Emile de Souza. Les militaires s’engagèrent en mai 1970 à quitter la tête de l’Exécutif. Pour conjurer le sort de l’instabilité, une nouvelle formule fut trouvée : une présidence tournante fut instaurée. Elle consistait en la formation d’un gouvernement dirigé, à tour de rôle, par les trois principaux acteurs politiques civils, Maga, Apithy et Ahomadégbé.
Les trois leaders politiques du pays, solidement ancrés électoralement à une région, devraient se succéder à la magistrature suprême, tous les deux ans. A la fin du mandat d’Hubert Maga en mai 1972, Justin Ahomadégbé prit le relais. Mais la formule ne fit pas longtemps recette. Le 26 octobre 1972, l’armée s’empara à nouveau du pouvoir, avec le Chef de Bataillon Mathieu Kérékou. Il balaya ce triumvirat, raillé comme un « monstre à trois têtes ». C’est le début du deuxième temps politique fort du pays.

Le deuxième temps, militaro-marxiste, s’étale de cette prise de pouvoir à la Conférence nationale de février 1990. En 1975, le gouvernement militaire opéra des choix stratégiques et idéologiques décisifs. La République du Dahomey est rebaptisée République populaire du Bénin. Elle proclama son adhésion à l’économie socialiste d’orientation marxiste-léniniste. Le pays fut drapé d’une chape dictatoriale. Plusieurs opposants sont assassinés, torturés et exilés. A partir du milieu des années 1980, le pouvoir est acculé par une conjoncture économique sans précédent, dérivant d’une série de facteurs : la morosité internationale, la gabegie, la concussion et l’impéritie.
En banqueroute, l’Etat cessa de payer les salaires. Face à cette situation, nourrie par les idéologues du Parti Communiste du Dahomey, la rue gronda par des manifestations protestataires. Désarmée, la junte militaro-marxiste se résigna à opérer des réformes politiques, économiques et sociales. Le 06 décembre 1989, elle abandonna le socialisme comme orientation idéologique de l’Etat et convoqua une Conférence nationale. De plus, les condamnés politiques furent amnistiés et pouvaient rentrer : pour participer à ces « Etats généraux », annoncés pour le mois de février.

Le temps du Renouveau démocratique, consacré par cette grand-messe des forces vives de la Nation, est toujours en cours. Du 19 au 28 février 1990, la Conférence nationale réunit plus d’un demi millier de délégués des différentes composantes du pays, à l’hôtel PLM Alédjo, sous la présidence de Mgr Isidore de Souza.
Deux principales décisions en sont issues. La première instaura le libéralisme économique et politique, la démocratie et l’Etat de droit. La deuxième nomma un Premier ministre pour seconder le général Mathieu Kérékou, maintenu à la présidence mais vidé de l’essentiel de ses prérogatives. Un vent de renouveau démocratique enveloppa le Bénin. Le Premier ministre nommé par la Conférence nationale, Nicéphore Soglo, Administrateur de la Banque mondiale, est chargé de conduire le gouvernement de la période transitoire. Ce gouvernement a pour mission de mettre en œuvre les principales mesures devant conduire à l’adoption d’une nouvelle Constitution et à l’organisation des élections générales. Contrairement aux autres expériences transitoires des pays de la sous-région, les deux acteurs principaux de cette période, le président Mathieu Kérékou et le Premier ministre Nicéphore Soglo, ont su jouer loyalement leur partition et accorder leurs violons, pendant les douze mois de sa durée.
Le 11 décembre 1990, une nouvelle loi fondamentale, celle de la Ve République fut promulguée, après son adoption par voie référendaire. Elle reflète bien les décisions de la Conférence nationale. Elle a pour trame la démocratie et l’Etat de droit. Elle opte pour un régime républicain présidentiel, avec séparation des trois pouvoirs : l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Trois mois plus tard, les élections législatives et présidentielles ont sanctionné la fin de la période de transition. La nouvelle Assemblée nationale, monocamérale, élue pour quatre ans. Elle est présidée par Maître Adrien Houngbédji, avocat et ancien exilé politique. Au deuxième tour des présidentielles, Nicéphore Soglo a triomphé de Mathieu Kérékou. En 1996, Nicéphore Soglo dut céder son fauteuil présidentiel à Mathieu Kérékou aux élections présidentielles. Cinq ans plus tard, les Béninois lui accordent à nouveau leur confiance.
En 2006, en l’absence de Mathieu Kérékou et de Nicéphore Soglo, le jeu politique devient plus ouvert. Le premier tour des élections s’est tenu le 5 mars 2006. Vingt six candidats briguaient la magistrature suprême : des habitués et de nouveaux venus. Parmi eux, Adrien Houngbédji et Bruno Amoussou, tous deux anciens ministres de Kérékou et anciens présidents de l’Assemblée nationale. Contre toute attente, c’est Boni Yayi, dépeint par ses adversaires, comme l’émanation d’ « une génération spontanée en politique », qui a ravi la vedette à ces derniers. Il emporta la décision finale, avec plus de 75% des suffrages exprimés. L’année suivante, ses partisans réunis au sein des Forces Cauris pour un Bénin Emergeant (FCBE) ont gagné les législatives. Dans la foulée, le président de l’Assemblée nationale élu Mathurin Nago est issu de ce mouvement.
Aujourd’hui, deux principaux acteurs émergent au sein de la classe politique béninoise : le président de la République Boni Yayi et son challenger du second tour, Adrien Houngbédji, qui fait office de « principal opposant » au pouvoir.
En 2011, Boni Yayi a remporté la présidentielle dès le premier tour.
Source: ambassade-benin.fr

Royaume du Dahomey (Bénin) : roi-dieu et amazones, sur les vestiges du matriarcat


Le Dahomey (Danhomé en langue fon) était un royaume patriarcal africain situé au sud-est de l’actuel Bénin depuis le XVIIe siècle. À partir de 1894, ce nom désigne un territoire de l’Empire colonial français, devenu le Bénin en 1975. Le royaume du Dahomey, bien que foncièrement patriarcal, a conservé quelques vestiges de l’ancien matriarcat. Au Dahomey, les femmes étaient libres de pratiquer les métiers des hommes, elles prenaient part au gouvernement et étaient associées à l’armée. Cependant, une fois mariées elles devenaient la propriété du mari qui les achetait.

Le roi-dieu, lion d’Abomey, et cousin du Léopard

Une des principales caractéristiques du régime du  Dahomey est son despotisme qui y règne, comparable à celui des Ashanti; le roi et les grands ont soigneusement appuyé leur pouvoir sur des cérémonies religieuses. Le roi « lion d’Abomey », « cousin du Léopard » est considéré comme un dieu; son pouvoir est illimité, il dispose de la vie et des biens de ses sujets; il hérite des morts. La coutume avait disparu au XIXe siècle, mais auparavant, il prenait ses repas en secret, étant censé ne boire ni manger comme les simples mortels; de même il écoutait les suppliques derrière un rideau qui le dérobait à la vue de ses sujets. Ajoutons que, selon la tradition il régnait dans les broussailles un roi fantôme au nom duquel avaient lieu la levée des impôts et les vexations de toutes sortes : tout ce dont on pouvait se plaindre était attribué à ce roi fictif, et tout ce dont il fallait se réjouir les  largesses et les bienfaits était attribué au roi réel.

Tassin Hangbe, la choquante reine libertine

Elle était surnommée « la reine sans pudeur ». Cette femme régna sur le trône d’Abomey, capitale  du Dahomey, pendant une courte période au début du XVIIIe siècle. Tassin Hangbe était la sœur jumelle du prince Akaba, l’héritier de Houegbadji, souverain d’Abomey de 1650 à 1680. Quand Akaba prit le pouvoir à la mort de leur père, la princesse partageait la souveraineté avec son frère jumeau, sans toute fois exercer quelque fonction politique.

Sacrée reine à la mort de son frère

Tassin bénéficiait d’une liberté totale et elle en profitait largement, menant une vie assez libertine. Elle eut un fils mais ne resta pas mariée très longtemps. Son palais était le lieu de toutes les beuveries et cette vie qu’elle menait alimentait les conversations. Seulement, en 1708, alors que la guerre contre les Oueménous, ennemis jurés des Dahoméens entrait dans une phase décisive, le roi, son frère fut brutalement emporté par la variole, introduite au Dahomey par les colons. Pour ne pas affecter le moral des troupes, le conseil royal avec le chef des armées demanda à Tassin Hangbe de remplacer son défunt frère. Elle accepta sans hésitation car en effet ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eau et habillée comme Akaba, elle entra dans la bataille tel que l’aurait fait son jumeau.

Une amazone hors paire, qui attise les jalousies

Transportée par l’importance de sa mission, Tassin Hangbe amena ses troupes jusqu’à la victoire, se révélant ainsi une amazone hors pair. De plus, le chef des Ouéménous, trouva la mort lors de cette guerre et la rivalité entre les deux peuples prit fin ce jour-là avec la victoire du Dahomey. La nouvelle de la victoire de Tassin fit le tour du royaume et on demanda aussitôt à la princesse de prendre la régence d’Abomey. Le contexte était tel que cela engendra un conflit familial car il est vrai que si le fils d’Akaba n’était pas près pour gouverner parce que trop jeune et non encore initié, Dossous, le frère cadet des jumeaux, lui était prétendant au trône. Tassin ne tint pas compte des prétentions de son jeune frère et accepta d’assurer la régence tout en gardant son mode de vie d’avant.

Une liberté sexuelle qui attise complot et meurtre

Mal lui en prit car même si elle assumait parfaitement son rôle de reine, ses adversaires, ne supportant pas ses frasques privées, fomentèrent un complot d’assassinat contre son fils unique. Le meurtre se déroula par une nuit sans lune dans le palais royal. Tassin Hangbe informée du drame ne versa aucune larme et ne dit aucun mot jusqu’à la réunion du conseil.
Là, assise sur le trône sacré d’Abomey, drapée de trois pagnes luxueux en kita, elle écoutait tranquillement les hommages des tams-tams, célébrant son courage de reine et sa souffrance de mère, quand soudain, elle se leva pour se diriger vers le centre de l’assistance. Elle défit ses pagnes, et Stupeur !!! se dénuda, trempa ses mains dans le vase que lui tendait sa suiveuse et se lava les parties intimes, là devant tout ce monde abasourdi. Elle hurlait sa douleur, et maudissait cette assemblée et le peuple tout entier, promettant sur lui un grand malheur. Puis elle démissionna de ses fonctions et ce fut le dernier acte de ses trois mois de règne au Dahomey.

Les amazones du Dahomey, un semblant de matriarcat

Les Amazones du Dahomey ou Mino sont un ancien régiment militaire entièrement féminin Fon du Royaume du Dahomey (maintenantBénin) qui a existé jusqu’à la fin du xixe siècle. Elles sont nommées ainsi par les occidentaux et les historiens à cause de leur similarité avec les semi-mythiques Amazones de l’ancienne Anatolie.

Les femmes, esclaves du roi

Le roi possède une armée de femmes que la reine (dada) commande avec droit de vie et de mort. Dans le harem, la gardienne du brasier où le roi allume sa pipe, et la favorite qui tient le crachoir sont des dignitaires du royaume. Les autres épouses sont des esclaves qui s’occupent du ménage et de la cuisine. En outre, quelques centaines de femmes installées dans le palais composent la garde royale : ce sont des amazones vierges gardées par des eunuques. Elles déclarent se consacrer au métier d’homme et de soldat. Leurs formes presque masculines, leur courage, leur cruauté en font d’excellents soldats. Elles exécutent avec une infatigable précision des danses de guerre.
L’existence de femmes-soldats est attestée dès le XVIIIème siècle dans cette région. Mais les rois du Dahomey ne donnent véritablement une impulsion à cette institution qu’à partir du milieu du XIXème siècle. Ainsi, au moment de la résistance contre les Français (début 1890), le système des « Amazones » est-il à son apogée et l’estimation de ces troupes varie-t-elle selon les observateurs entre 800 et 2 000.
Le roi Houegbadja (qui gouverne de 1645 à 1685), troisième roi du Dahomey, est censé être à l’origine de la création du groupe qui devient ensuite les Amazones, un corps de chasseurs d’éléphant appelé gbeto. Durant le VIIIe siècle, le roi entraîne certaines des ses femmes à devenir gardes du corps.
Le fils d’Houegbadja, Agadja (roi de 1708 à 1732), développe le groupe de femmes gardes du corps en une milice et les utilise avec succès pour vaincre le royaume de Savi en 1727. Les marchands européens notent leur présence ainsi que celle d’autres femmes guerrières parmi les Ashantis. Durant les années suivantes, les guerrières acquièrent une réputation de combattantes sans peur. Bien qu’elles combattent rarement, elles se débrouillent en principe assez bien au combat.
Le groupe de femmes guerrières est appelé Mino, ce qui signifie « nos mères » en langue fon, par l’armée masculine du Dahomey. À l’époque du roi Ghezo (qui gouverne de 1818 à 1858), le Dahomey se militarise de plus en plus. Ghezo donne une grande importance à l’armée, augmente son budget et améliore sa structure. Les Mino sont entraînées, obtiennent des uniformes et sont équipées avec des fusils danois (obtenus via le commerce des esclaves). À ce moment les Mino sont entre 4 000 et 6 000 femmes et représentent environ le tiers de l’armée du Dahomey.
Les « Amazones » du Roi Béhanzin, des femmes guerrières connues pour se battre avec violence et énergie, n’ont absolument pas peur de la mort, et tuer ne leur fait pas froid aux yeux. En général, elles combattent au devant de l’armée car elles sont sans pitié face à leurs ennemis et très résistantes au combat. Seh-Dong-Hong-Beh est une femme au courage exceptionnel qui avait dirigé une amée de 6000 Amazones vers 1852.

Un entraînement spartiate

Les Amazones du Dahomey sont minutieusement sélectionnées à l’adolescence, et toute leur vie elles s’exercent au métier des armes. Leur entraînement quotidien est très pénible. Elles apprennent à manier les armes et sont conditionnées psychologiquement et religieusement à l’obéissance et à la vénération du Roi. Elles sont vierges et doivent éliminer toute possibilité de fonder une famille, elles sont donc condamnées au célibat.
Les Mino sont recrutées parmi les ahosi (« les femmes du roi »), qui étaient souvent plusieurs centaines. Certaines femmes de la société fon deviennent ahosi volontairement alors que d’autres sont enrôlées de force si leur mari ou leur père se plaignent au roi de leur comportement. Tant qu’elles sont mino, les femmes ne sont pas autorisées à avoir des enfants ou à être mariées. Beaucoup d’entre elles sont vierges. Le régiment a un statut semi-sacré qui est fortement lié à la croyance du peuple fon au vaudou. Les mino s’entraînent énormément physiquement ; la discipline est mise en avant. Dans la dernière période, elles sont armées avec des fusils Winchester, des gourdins et des couteaux. Les unités sont commandées par des femmes. Les personnes capturées par les Amazones sont souvent décapitées.

Une armée féminine structurée

L’organisation de l’armée des amazones du Dahomey est répartie en 5 spécialités dont 3 infanteries :
  • les fusillères qu’on appelle « les Gulonento »; elles portent une cartouchière à compartiments. Leur poudre est soigneusement conservée dans des feuilles de bananiers ainsi qu’un sabre court .
  • le archères  ou « les Gohento » (on en trouve de moins à moins depuis l’existence des armes à feu); elles restent néanmoins présentes et servent d’auxiliaires et de « porteuses » pendant les combats.
  • les faucheuses appelées « les Nyekplohento » armées d’une énorme lame de 45 cm au bout d’un manche de 60 cm
  • les artilleuses
  • l’Elite, les chasseresses qui sont sélectionnées pour leur force physique et leur stature. Leur prestige est grand et leurs officiers portent sur le crâne des cornes d’antilope attachées par un cercle de fer.

Conflit avec la France

L’envahissement de l’Afrique de l’Ouest par les Européens s’accélère dans la seconde moitié du XIXe siècle et en 1890 le roi Behanzin commence à combattre les forces françaises au cours de la Première Guerre du Dahomey. Selon Holmes, beaucoup de soldats français hésitent avant de tirer ou de charger à la baïonette les mino. Cette hésitation provoque la mort de nombreux soldats français. Cependant, selon certaines sources, l’armée française perd plusieurs batailles non à cause de ces hésitations mais bien à cause des compétences militaires des mino. Les Français sont véritablement surpris par leur courage car elles n’hésitent pas à brandir des têtes de leurs ennemis qu’elles ont sauvagement décapités pour les déstabiliser; et quand elles parviennent à les confronter physiquement, elles sont souvent gagnantes.
Tandis que les Français instaurent une certaine distance avec leurs armes à feu et leurs baïonnettes, elles cherchent à trouver le moyen de créer un affrontement physique. Dans un cas de force majeure comme celui-ci, les Amazones  utilisent la technique dans laquelle elles excellent: la technique du corps à corps. Elles attaquent par des roulés-boulés afin de passer sous la haie de baïonnettes et de s’immiscer dans les rangs ennemis. Leur audace étonne et, en cas de réussite, elles ont souvent le dessus. Envoyées en véritables commandos dès les premiers accrochages avec les Français, elles bénéficient de l’effet de surprise lors des premiers assaut de postes de garde et elles rapportent au roi quelques têtes de tirailleurs sénégalais sauvagement décapités. Mais rapidement, malgré leur nombre, leur impétuosité et leur détermination, elles subissent de lourdes pertes.
Finalement, renforcée par la Légion étrangère et disposant de meilleures armes dont des mitrailleuses ainsi que d’une cavalerie et d’une infanterie de marine, les Français infligent du côté du Dahomey des pertes dix fois plus importantes que les leurs. Après plusieurs batailles, ils finissent par l’emporter. Les Légionnaires écrivent plus tard sur « l’incroyable courage et audace » des Amazones. La dernière Amazone du Dahomey meurt en 1979.